En ce dimanche maussade, la grisaille et la pluie ne daignaient pas quitter les collines, encore verdoyantes, du Schwabenhof. Pourtant, ce ne sont pas moins de 1700 à 3500 personnes qui se sont rassemblées en bravant les éléments, bien décidées à ne pas laisser leur Alsace Bossue se transformer en vaste poubelle de 95 hectares. Rappelons-le, ce projet démentiel initié par des industriels prêts à débourser 4 millions d’euros pour acheter les terrains d’un agriculteur, ferait de la Krummes Elsass la plus grande décharge de France.

Jeune Alsace ne peut pas tolérer que l’Alsace puisse s’enorgueillir du titre de méga-poubelle.

Qu’ils soient de Neuf-Brisach ou de Sarre-Union, de Haute ou de Basse Alsace, les militants de l’identité enracinée ont répondu présents pour montrer leur soutien aux habitants de la région, qui doivent savoir et ressentir que leur combat n’est pas isolé. Une femme nous confiait d’ailleurs que ses collègues de travail, habitant à une quinzaine de kilomètres, n’ont pas signé pas sa pétition contre la décharge, de peur de la voir se retrouver chez eux ! Belle esprit de solidarité, alors que si tout le monde se serrait les coudes contre ce genre de projets, ils ne pourraient pas voir le jour.

Dans les villages environnant, presque toutes les maisons sont “décorées” de banderoles et de pancartes contre le projet de décharge, certains ont même mis des graffitis sur leur porche ! Une telle détermination donne envie de se battre. Sur la route menant aux environs de la ferme du Schwabenhof, des messages rappellent aux cupides propriétaires l’incompréhension quant à ce projet qui bouleverserait la vie de milliers de gens : « le chemin de la honte », « au bout de cette route, le fric » ou encore « décharge de la honte ». Les paysans se sont aussi mobilisés pour défendre leurs terres menacées de pollution, une véritable allée de tracteurs embellis de banderoles indiquait le chemin du lieu de rassemblement.

Sur place, bonne ambiance, T-shirts « non à la décharge », fiers calicots, et pour notre plus grand plaisir Jeune Alsace n’était pas seul à avoir ramené des drapeaux Rot un Wiss, symboles de notre Heimet. Ce fut l’occasion d’expliquer à des manifestants la signification de notre drapeau, tandis que d’autres, qui en connaissaient la signification, saluaient notre initiative. Nos couleurs revivent petit à petit, et cela fait chaud au coeur. Les t-shirts « Alsacien et fier de l’être » ont aussi eu leur succès. Beaucoup de reconnaissance de la part des locaux, heureux d’êtres soutenus par une délégation venant majoritairement de la plaine du Ried.

Bien sûr, ce n’est pas notre initiative qui sera décisive de l’issue de cette affaire révoltante. Néanmoins, participer à la réussite de ce moment de cohésion et de solidarité entre Alsaciens, unis pour préserver l’intégrité de leur terre, c’est déjà une fin en soi.

Espérons que cette manifestation pourra peser dans la balance. Si elle ne suffit pas, il faudra continuer le combat, dans un esprit de solidarité. Il ne faut pas faire retomber la pression. C’est le Préfet qui peut avoir le dernier mot. Le dernier mot, laissé à un haut-fonctionnaire représentant de l’Etat et non de l’Alsace. Jetzt langt’s !

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