Il est 13h30 lorsque les premiers militants de Jeune Alsace et d’Alsace d’Abord commencent à se regrouper devant l’agence ANPE de Guebwiller. Rapidement, ils constituent un groupe de 25 personnes, composé de jeunes et de moins jeunes. Ce qui les a tous réunis en cette chaude journée du mois de février est l’indignation et la colère. Une colère qu’ils sont venus, sur place, exprimer contre le refus par l’ANPE de Guebwiller de publier l’offre d’emploi d’un employeur du Haut-Rhin au motif que l’annonce mentionnait le simple souhait de la maîtrise du dialecte alsacien. Ce critère d’embauche aurait, selon l’ANPE obéissant aux injonctions de la HALDE, un caractère “discriminatoire”.
A 14h20, une fois au complet, la trentaine de militants déroule une grande banderole obstruant l’entrée de l’agence. Le message qui s’y affiche est des plus clairs « Halte à la discrimination anti-alsacienne !» Dans l’agence, la rumeur monte. Des militants y pénètrent enfin et commencent à distribuer leurs tracts devant le hall d’accueil. Ensuite, une délégation menée par Fabrice Lauffenburger, porte-parole d’Alsace d’Abord pour cette action, demande à rencontrer la directrice de l’agence. Après moult tractations, une assistante invoque comme excuse le fait (le hasard faisant bien les choses) que la directrice n’est exceptionnellement pas présente dans les locaux ce vendredi après-midi. Une lettre signée de Jacques Cordonnier, président d’Alsace d’Abord, lui est alors remise à l’attention de la directrice absente. Dans sa missive, Jacques Cordonnier demande que l’ANPE cesse de se plier aux oukases de la HALDE - organisme public anti-démocratique dont les prérogatives juridiques et administratives ne sont mentionnées nulle part dans la constitution. Dans sa lettre, Jacques Cordonnier fait également remarquer que si la pratique du turc reste tolérée comme critère d’embauche en Alsace comment expliquer que l’alsacien ne le soit plus, si ce n’est par la volonté politique de Paris de discriminer les Alsaciens chez eux ? Et de conclure ses propos par le souhait de voir l’ANPE participer « dorénavant à la promotion de la langue régionale alsacienne reconnue depuis mai 2008 par la Constitution comme faisant partie du patrimoine national ». Notons également que de nombreux journalistes étaient présents pour couvrir l’évènement ainsi qu’une patrouille police pour le moins peu sympathique.
Sur ces entrefaites, les militants du mouvement régionaliste et identitaire ont pacifiquement quitté les lieux et s’en sont allés dans le centre ville pour y distribuer leurs tracts aux badauds et commerçants, dont la plupart n’ont pas caché leur sympathie pour l’initiative d’Alsace d’Abord.


