Dans la soirée du 31 mai, de nombreux jeunes alsaciens (et même des Lorrains, c’est dire que nous sommes tolérants !) ont réalisé une montée aux flambeaux afin de commémorer la Constitution de 1911, qui avait donné à l’Alsace un Parlement et une Constitution. Avant d’entamer la montée vers les ruines mystérieuses d’un château comme notre Heimet en compte tant, hommage fut rendu à Ferdinand Moschenross, éternel combattant de l’Alsace, qui nous a quitté récemment. Aux cris de Elsass lebt, Elsass Frei !, nous espérons que Ferdinand aura entendu nos voix transpercer la nuit.

Eclairés par nos seuls flambeaux, ayant réussi l’exploit de ne néanmoins dénombrer aucun blessé malgré le terrain glissant, la colonne de flammes vacillantes est arrivée au sommet après une petite heure de marche. Au château, les pieds trempés par l’herbe fraîchement mouillée par les averses, mais remis de nos exploits physiques, il était venu le temps d’en apprendre plus sur les raisons de ce rassemblement (…et accessoirement de boire quelques verres de vin ou de bière, pour éviter la déshydratation !).

Lors d’un discours, au milieu de grands drapeaux Rot un Wiss, l’histoire de cette Constitution et du combat des Alsaciens pour être maîtres de leur destin fut narrée. En guise d’interlude, les plus courageux ont entamé le Fahnenlied, l’hymne alsacien, accompagné à la guitare. Oh, certes, vu de l’extérieur, c’est encore une torture pour les oreilles, mais le coeur y est, c’est l’essentiel, et bientôt nous maîtriserons nos chants alsaciens, enfin réappropriés.

Les grands résistants de l’histoire alsacienne ont ensuite été évoqués, leur combat pour que les Alsaciens se gouvernent eux-mêmes, et non qu’ils soient administrés depuis Paris ou Berlin, fut présenté. Mentionnons Joseph Rossé (chef de la Jungvolkspartei, grand mouvement de jeunesse de l’entre-deux-guerres), qui fut injustement emprisonné après la Seconde Guerre mondiale comme d’autres Alsaciens. Rossé mourut dans une geôle française loin de son Alsace, en 1951.

Voici pour le passé, ce passé qui nous rappelle que notre combat pour une grande Europe des Peuples prend racine dans des rêves déjà partagés par nos ancêtres. Toutefois, notre combat devra toujours s’ancrer dans la modernité. Le monde a changé, ce n’est pas seulement de la survie de notre Alsace dont il s’agit mais bien de la civilisation européenne dans son ensemble. L’Europe est en voie de disparition. Notre seul moyen de survivre : s’ancrer dans nos identités et refuser le melting-pot que l’on nous propose, que l’on nous impose…

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